En public

Festival

Festival du Jamais Lu-Paris

4ème édition

26, 27, 28 octobre 2018

Incubateur, agitateur, entremetteur, le Jamais Lu chamboule l’écologie théâtrale sur deux continents depuis bientôt 17 ans. À Paris, il est le lieu de la rencontre avec des auteurs d’ici qui trépignent de faire entendre sans attendre leurs travaux inédits. Ils sont rejoints par des metteurs en scène venus du Québec qui rajoutent à leur urgence de parler haut en projetant sur la tribune leurs textes tout juste jaillis de l’imprimante, et livrés au plateau par une fougueuse troupe d’acteurs. Leur geste est chahuteur, festif, engagé.

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Festival

Focus à Théâtre Ouvert F.T.O#5

du 22 au 30 novembre 2017

SPECTACLE / MISES EN VOIX / MISES EN ESPACE / PERFORMANCES

Cette 5ème édition fait entendre des textes pour la plupart inédits d’une douzaine d’auteurs français et étrangers en résonnance avec le temps présent. Une occasion de se rencontrer pour affûter ensemble nos esprits critiques.

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TARIF UNIQUE
5 € / 3 €
entrée libre avec la Carte TO

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CONVULSIONS

d'Hakim Bah

18 janvier ➡︎ 9 février 2019

COUPOLE
Tarif A (22€ - 6€)

Mise en scène Frédéric Fisbach

Assistant à la mise en scène Imad Assaf

 

Scénographe Charles Chauvet 

Créatrice lumière Léa Maris 

Créatrice son Estelle Lembert

 

 

avec Ibrahima Bah, Maxence Bod, Madalina Constantin, Lorry Hardel, Nelson-Rafaell Madel, Marie Payen

Atrée et Thyeste torturent et tuent leur frère bâtard pour ne pas avoir à partager l’héritage familial avec lui. Atrée bat sa femme et la trompe avec celle du voisin. Thyeste, amoureux d’Érope finit par la séduire. Plus tard, Atrée, Érope et leur bébé se rendent à l’ambassade américaine pour effectuer les démarches nécessaires à leur installation aux États-Unis. Le test ADN obligatoire pour l’obtention du visa révèle que l’enfant n’est pas le fils d’Atrée…

 

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Dans Convulsions Hakim Bah prend appui sur un épisode de la tragédie des Atrides pour traiter des violences familiales, conjugales, sociales et économiques. Tout est question de possession, de territoires à conquérir et d’exil, entre un terrain de basket et un aéroport. L’écriture vive, brute et concrète agit sans discourir, avec humour. L’auteur fait preuve d’acuité de vue tant dans la description des pulsions humaines que dans celle de l’agressivité du monde des leaders.

 

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J’aime l’écriture d’Hakim Bah, il fait partie d’une génération d’auteurs qui insuffle une vitalité nouvelle et une urgence à prendre la parole sur les plateaux. 

Ils sont la preuve vivante de la nécessité, pour penser et cultiver l’humain en nous, de tout ce qui n’est pas nous : l’étranger, le différent, l’autre. 

Pour Convulsions Hakim Bah s’inspire de Thyeste, la tragédie de Sénèque. Il en fait un conte d’anticipation effrayant dans lequel on peut gagner une green card par tirage au sort, où l’ADN parle et où l’humain est possédé par un mot, Greedy✳ (le cri de guerre du monde de la finance), pour l’appliquer à tous les compartiments de sa vie, jusqu’au plus intime. 

La violence est dans chaque scène, elle va jusqu’à l’épuisement, elle va au bout de son absurdité. 

Comme si l’auteur avait voulu en exprimer l’essence, mais à peine un filon est-il épuisé, qu’apparaît un nouveau, et ça continue, ça creuse plus profond. À la lecture on est pris dans ce maelström. 

J’ai d’abord éprouvé un grand plaisir à lire la pièce. Cette langue fait naître un plaisir ambigü chez le lecteur, qui accepte presque malgré lui de plonger dans cette décharge de violence, qui se tisse à un humour abrupt et burlesque. Voyeur essayant de calmer la montée d’une drôle de culpabilité, je me suis fait prendre par l’histoire. 

Mais si Hakim Bah reprend l’inexorable descente aux enfers des fils de Tantale, c’est sans doute pour témoigner d’une chose très simple. Une chose que nous vivons dans nos chairs et avec laquelle nous « dealons » au quotidien, passant de la colère à l’écoeurement avant qu’une immense fatigue nous gagne face au gâchis provoqué par la répétition des mêmes erreurs, des mêmes horreurs, toujours… 

Hakim Bah tord le mythe de Thyeste et d’Atrée pour accoucher d’une pièce à la fois intime et éminemment politique. Notre époque est cool et monstrueuse, notre monde techno-globalisé à l’agonie. Nous n’avons pas retenu la leçon depuis Sénèque et nous célébrons jour après jour la victoire du verbe avoir sur le verbe être. Ce faisant, nous nous condamnons à l’anthropophagie et à l’inhumanité.

 

Frédéric Fisbach 

Production  Ensemble Atopique II 

Coproduction  Théâtre Ouvert 

Avec le soutien de l’aide au Montage d’Artcena 

Avec l’aide à la création de l’association Beaumarchais-SACD

 

L’auteur a reçu le prix RFI Théâtre 2016 

 

Le texte est édité par Théâtre Ouvert/Tapuscrits (Editions) – Coédition RFI